Bien-être
Prendre du temps pour soi chaque jour, même un quart d'heure
22 juillet 2026

Prendre du temps pour soi chaque jour, c’est possible même quand la journée déborde de partout. Pas besoin d’une heure entière ni d’un week-end à la montagne. Quinze minutes, piquées dans une journée pleine comme un œuf, suffisent à recharger les batteries. Je te raconte comment, avec ce qui marche pour de vrai et ce qui ne tient qu’en théorie.
Le tour de la question
Quinze minutes, c’est le temps d’une tisane qui infuse, d’une petite promesse qu’on se fait à soi-même et qu’on tient. On entend souvent qu’il faut « prendre soin de soi », mais dans le concret, quand la table du petit-déjeuner déborde et que les mails s’empilent, ça ressemble à quoi ?
Déjà, ça ressemble à une décision. Pas à un créneau que le destin t’offrirait gentiment entre le boulot et le coucher des petits. Il faut le prendre, ce quart d’heure. Le revendiquer presque. Et bizarrement, c’est là que ça coince : on attend d’avoir le temps, alors que c’est l’inverse qui fonctionne. C’est en l’installant qu’on découvre qu’on l’avait.
Ce que la Cousine Agathe a compris avec les années, c’est que ce n’est pas une histoire de planning ou d’agenda partagé. C’est une histoire de légitimité. Se donner le droit de lever le pied quinze minutes, ça s’apprend. La bonne nouvelle, c’est que ça s’apprend vite.
Le creneau qui existe deja et qu’on ne voit pas
Il est là, caché entre deux obligations. Peut-être juste après le café du matin, avant que la maison s’agite. Peut-être entre le moment où on coupe le feu sous la cocotte et celui où on passe à table. Peut-être dans la voiture, garée devant l’école, cinq minutes trop tôt.
Le truc, c’est qu’on ne le voit pas parce qu’on le remplit. Un petit rangement par-ci, un coup de fil par-là, et paf, le quart d’heure est bouffé. Alors je te propose un petit jeu : pendant trois jours, note ce que tu fais dans les « trous » de ta journée. Tu vas voir apparaître des plages de dix, douze, dix-huit minutes. Elles existent déjà. Il suffit de les habiter autrement.
Ce qui aide aussi, c’est de ne pas chercher le créneau parfait. Une copine m’a dit l’autre jour qu’elle souffle dans la salle d’attente du kiné, avec un tricot dans son sac. Elle ne culpabilise plus d’y être « en avance ». Elle y va exprès. C’est malin, non ?
Ce qui repose vraiment, et ce qui n’y ressemble que
Tout ce qu’on fait « pour soi » ne repose pas. C’est une leçon que j’ai mise du temps à apprendre, et je te la donne toute chaude.
| Ce qui repose vraiment | Ce qui n’y ressemble que |
|---|---|
| S’asseoir avec un café et regarder par la fenêtre | Scroller sur son téléphone en buvant un café |
| Arroser les plantes en écoutant les oiseaux | Répondre à des messages sur le balcon |
| Lire trois pages d’un roman | Lire des articles anxiogènes sur Internet |
| Fermer les yeux cinq minutes dans le calme | Regarder une série en pensant à la liste de courses |
| Écouter une chanson en entier, sans rien faire d’autre | Mettre de la musique en fond pendant qu’on plie le linge |
| Noter trois choses positives de la journée | Faire le tri des photos sur son téléphone |
La différence, elle tient en un mot : la présence. Quand tu fais quelque chose pour toi, tu es là, dedans, pas à moitié ailleurs. Ce n’est pas l’activité qui compte, c’est la qualité de l’attention que tu te portes.
D’ailleurs, il y a des activités manuelles qui tiennent ce rôle mieux que d’autres. Sur le blog, j’ai déjà parlé du loisir créatif pour adulte : peindre, coudre, bricoler sans objectif, ça vide la tête. Et quand on a besoin de canaliser une énergie plus concrète, relooker avec de la peinture un meuble qu’on croyait bon pour la déchetterie, ça fait un bien fou.
Le dire a la maison sans culpabiliser
C’est le point qui coince le plus. Tu te donnes la permission, mais les autres autour de toi, ils ont-ils compris ? Parce que si ton quart d’heure est interrompu trois fois par « Maman, t’as vu mes baskets ? », le bénéfice est nul.
Voilà comment on fait chez la Cousine Agathe. On pose le truc simplement, sans s’excuser. « À partir de huit heures moins le quart, je suis dans le salon avec mon tricot. Si c’est pas le feu ou le sang, on me laisse tranquille. » Tu dis ça une fois, tu tiens deux soirs, et au troisième, tout le monde a intégré. Les enfants comme les grands.
Ce qui aide, c’est de montrer l’exemple. Si toi tu sais t’arrêter, eux apprennent qu’on peut s’arrêter. Et puis, franchement, un parent qui a eu ses quinze minutes de calme est un parent qui crie moins fort. Tout le monde y gagne.
Autre astuce : rends-le visible. Une tasse spéciale, un plaid réservé à ce moment-là, une petite lampe que tu allumes exprès. Ça signale à la famille que là, maintenant, c’est ton sas. Sans avoir besoin de le redire.
Le bon tuyau en plus
Un vrai tuyau de quartier, celui que je donne aux copines qui débordent : arrime ton quart d’heure à une tâche domestique déjà installée. Par exemple, le mercredi matin, tu passes l’aspirateur ? Très bien. Le mercredi matin, une fois l’aspirateur rangé, c’est ton quart d’heure. Tu t’assois, tu respires, tu regardes le salon propre. C’est la récompense, pas une corvée de plus.
Et si vraiment ta journée est une course contre la montre, pense au petit détour. Descends du bus un arrêt plus tôt et marche les huit minutes restantes sans téléphone. Gare-toi au fond du parking et savoure les cent pas jusqu’à la porte. Ce ne sont pas des minutes volées au devoir, ce sont des minutes offertes à toi.
Ça rejoint d’ailleurs ce que je raconte dans l’article sur comment organiser le menage de la maison : quand les routines sont en place, on arrête de courir après le temps. Et le quart d’heure à soi devient une évidence, pas un exploit.
FAQ
Quinze minutes, est-ce vraiment assez pour se ressourcer ?
Oui, si elles sont pleinement habitées. Ce n’est pas la durée qui compte, c’est la coupure. Le cerveau a besoin de basculer, pas de dormir. Quinze minutes sans stimulations extérieures suffisent à faire redescendre le rythme cardiaque et à reposer l’attention. C’est comme un micro-redémarrage : on repart plus propre.
Je n’ai vraiment aucun créneau libre, comment faire ?
Commence par cinq minutes. Cinq minutes, c’est le temps d’une respiration profonde assise sur le rebord du lit avant que la maisonnée se lève. C’est deux chansons dans la voiture avant de couper le moteur. Une fois que ces cinq minutes sont installées, tu verras qu’elles s’étirent naturellement vers dix, puis quinze.
Comment ne pas culpabiliser de « ne rien faire » pendant que tout le monde s’active ?
En te rappelant que ce « rien » est en réalité un investissement. Un parent reposé est plus patient, plus drôle, plus disponible. Tu ne prends rien à personne : tu mets de l’essence dans ton réservoir pour pouvoir rouler jusqu’au bout de la journée. C’est de l’entretien, pas de l’égoïsme.
Peut-on prendre son quart d’heure le soir, quand tout le monde est couché ?
Bien sûr, et c’est souvent le moment le plus calme. Mais attention à ne pas transformer ce créneau en rattrapage de tâches ménagères. Si tu files au lave-linge dès que la maison dort, ce n’est plus ton quart d’heure. Pose-toi, vraiment. La vaisselle, elle sera encore là demain.
Tu sais maintenant que prendre du temps pour soi chaque jour n’est ni un caprice ni une montagne infranchissable. C’est un muscle qui se travaille, un petit rituel qui s’installe sans bruit, et qui change la couleur de la journée. La Cousine Agathe te le dit comme elle le pense : ces quinze minutes sont à toi, tu les mérites, et tout le monde autour de toi en profitera aussi.


